Apollo 11, échange de cadeaux

Comme de coutume le jour d’un décollage, Guenter Wendt offre aux astronautes de la mission Apollo 11, un petit cadeau qu’il a fabriqué : « C’est un objet que tout voyageur vers la Lune se doit de posséder, voici non pas les clefs de la ville, mais la clef de la Lune » et il sort une clef d’un mètre vingt, en forme de croissant de Lune, découpé dans une sorte de polystyrène ininflammable qu’il tend cérémonieusement à Neil Armstrong.

La clef symbolise celui qui détient le pouvoir de décision et de responsabilité. La remise des clefs d’une ville assiégée signifiait autrefois la capitulation et aujourd’hui encore on remet symboliquement les clefs de la ville à un hôte remarquable.

A leur tour chacun des trois astronautes lui donne un cadeau, Aldrin, sérieux et grave lui offre une bible dédicacée, Armstrong beaucoup plus « léger » lui offre un coupon pour un voyage spatial gratuit « Tour gratuit – Taxi Spatial – Bon pour un voyage gratuit entre n’importe quelle planète, lune, étoile ou galaxie – Kilométrage illimité – Voyage confortable à la vitesse de la lumière – Vaisseau spatial ultra moderne »

Quant à Collins, il lui donne un poisson mort, une truitelle épinglée sur un cadre en bois, en souvenir de leurs nombreuses parties de pêche.

Eugene Cernan a eu chaud !

Nous sommes à 24 heures du lancement de la mission Apollo 10, normalement l’astronaute Eugene Cernan devrait se trouver en quarantaine dans le O&C Building, avec ses co-équipiers Thomas Stafford et John Young.

Mais il se trouve que Donald K. « Deke » Slayton lui a accordé une très courte permission afin de passer quelques heures avec sa famille.

C’est une faveur tout à fait exceptionnelle, allant à l’encontre des règles de la NASA, et tout naturellement, Deke Slayton ne voulant pas que cette incartade soit rendue publique, a fait quelques recommandations à Cernan, dont bien évidemment celle de faire profil bas, de ne surtout pas se faire remarquer.

Le temps est venu pour Cernan de retourner au Cap, et comme tout astronaute qui se respecte il conduit vite… trop vite.

Manque de chance, il est bientôt arrêté par une voiture de police.

L’officier lui demande ses papiers, très embarrassé Cernan tergiverse, il ne veut pas révéler son identité, dire qu’il est astronaute, il répond évasivement aux questions… Excédé, le policier menace de l’emmener au poste…

La providence veut que Guenter Wendt passe par là… Reconnaissant Gene Cernan, il s’arrête…

Lorsque le policier lui explique la situation, Guenter Wendt sort son badge de la NASA, et lui explique que Eugene Cernan est l’un des astronautes qui doivent partir pour la Lune le lendemain. S’il faut appeler ses supérieurs pour le récupérer au poste, Cernan aura certainement de gros problèmes, sans parler du retard pour le programme spatial…

Compréhensif, mais dubitatif, le flic l’a laissé partir en lui disant :

« Fichez le camp et allez sur votre Lune !  » (« Get out of here, and go to your moon ! « )

Les cadeaux de Guenter Wendt !

Lorsque les astronautes David Scott, James Irwin et Alfred Worden se présentent dans la White Room en ce 26 juillet 1971, pour la mission Apollo 15, Guenter Wendt, selon une coutume bien établie, leur remet à chacun un petit cadeau… 

Il remet à Scott et Irwin deux permis de conduire géants, ils seront, en effet, les premiers à utiliser la « jeep lunaire » sur la Lune.

 A côté de la mention « fonction », sur le permis de Scott, on peut lire : « Grand Chef », sur celui d’Irwin « Petit Chef ». Sous la mention « restrictions » il y a sur le permis de Scott : « No Parking in Lovers’ Lane » (Lovers Lane est un terme générique utilisé aux Etats-Unis pour désigner les endroits où les amoureux se rendent en voiture pour être tranquilles, souvent des parkings ou des lieux où le panorama est magnifique), sur celui d’Irwin « No Drag Racing », pas de course de dragsters (le LRV – Lunar Roving Vehicle – a une vitesse de pointe sur terrain plat d’environ 11 km/h * !)

Dans le cadre où l’on doit renseigner le sexe du titulaire il y a la mention … oui, sur les deux permis.

 Alfred Worden, (le pilote du CSM, qui restera en orbite autour de la Lune), se voit remettre un « annuaire orbital » (Orbital Phone Book) qui contient les numéros de téléphone des filles célibataires de la Lune, illustré de photos couleurs du magazine « Playboy » et avec sur la couverture l’annotation : « Si tu te sens seul, appelle-moi ! ».

En entrant dans le vaisseau spatial, les trois astronautes, tous U.S. Air Force, (c’est le seul équipage « lunaire » 100% Air Force) pensant en avoir fini avec les « gags d’avant lancement », découvrent deux écriteaux :

« AVEC LES COMPLIMENTS DE LA NAVY GRACE A LAQUELLE CE VOL A ETE RENDU POSSIBLE »
(l’équipage de réserve est composé de deux membres de la Navy, Richard Gordon, Vance Brand, et, de Harrison Schmitt, un scientifique, géologue de formation),

et : « CE VEHICULE NE DECOLLERA PAS TANT QUE TOUTES LES CEINTURES DE SECURITE  N’AURONT PAS ETE  BOUCLEES »

* Lors du vol Apollo 16 John Young et Charlie Duke en descendant les flancs d’un cratère atteindront la vitesse record de 17 Km/h.