Où est parti Guenter Wendt ?

C’est l’astronaute Donn Eisele (1930-1987) qui est à l’origine du fameux jeu de mot concernant Guenter Wendt (1923-2010): « I wonder where Guenter went » qu’il faut bien évidemment prononcer avec l’accent allemand « I vonder vere Guenter vent » !

Le génial Günter Wendt, ici avec Gordon Cooper.

Phrase énoncée le 11 octobre 1968, avant le décollage d’ Apollo 7, juste après la fermeture de l’écoutille du vaisseau spatial par l’équipe de Guenter Wendt, et le retrait de la White Room.

Guenter Wendt le « Führer » du Pas de Tir

C’est John Glenn, lors d’un entrainement particulièrement éprouvant, qui dit à Guenter Wendt , le chef du pas de tir (Pad Leader)  :  » You’re just like the Führer !  » (Tu es exactement comme le « Führer » !)

Guenter Wendt

Tout le monde a éclaté de rire, et surtout le principal intéressé. Depuis ce jour il est devenu le « Führer of the Launch Pad », un sobriquet qu’il gardera toute sa vie.

Guenter Wendt était allemand, il a émigré aux Etats-Unis en 1949. Il a été de tous les lancements depuis le tout premier vol suborbital d’ Alan Shepard jusqu’au dernier vol de la navette Challenger en 1986.

M. Jones ?

Guenter Wendt avait décidé de faire installer un deuxième téléphone dans la White Room, une sorte de « téléphone rouge », dont le numéro ne serait connu que de lui et de quelques responsables du programme et ne devait servir qu’en cas d’urgence.

A peine installé, le téléphone sonne…

Au bout du fil : « Euh… Est-ce que je pourrais parler à Monsieur Jones ? »
«Désolé, il n’y a pas de M. Jones ici ! » et il raccroche.
Quelques heures plus tard le téléphone sonne à nouveau : « Je voudrais parler à M. Jones, s’il vous plait » …
Après quelques jours, excédé, il finit par faire changer le numéro par la compagnie de téléphone.
Le lendemain le téléphone sonne : « M. Jones… Je souhaite parler à M. Jones… »

Le manège continu quelques jours et Guenter Wendt hors de lui, fait à nouveau changer le numéro.

Rien n’y fait, les appels ne s’arrêtent pas. Et comme c’est la « hot line » il se précipite chaque fois sur le téléphone, car il s’attend à un appel important !

Un jour, il arrive dans la White Room et y trouve plus de monde qu’à l’accoutumée… Le téléphone sonne, il prend le combiné, au bout du fil une voix demande : « Euh… bonjour, ici M. Jones, est-ce que j’ai des messages ? »

En voyant la tête de Guenter Wendt, tous les techniciens éclatent de rire.

Le fin mot de l’histoire. Il s’avéra qu’un des collaborateurs de Guenter Wendt avait travaillé dans une compagnie de téléphone et connaissait la manip à faire pour avoir le numéro du poste à partir duquel on appelle !

Chaque fois que Guenter Wendt faisait changer le numéro, il n’avait aucun mal à le trouver.